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Vivre le passé le temps d’une balade...

Issigeac, aux confins de la Dordogne et du Lot-et-Garonne, est une cité médiévale qui fait l’exception au milieu de toutes les bastides avoisinantes, fondées au XIIIe siècle. Le village d’Issigeac est beaucoup plus ancien car il a succédé à une villa gallo-romaine (fin du IIIe et IVe siècles) puis à un monastère. L’abbé du monastère était le seigneur d’Issigeac possédant pouvoir spirituel et pouvoir temporel. Une assemblée de prud’hommes et un bailli représentaient les habitants du bourg.

Issigeac était un bourg à coutume. La coutume définissait les droits et les devoirs des habitants. C’était donc la loi. La coutume, d’abord orale, transcrite en 1298 sous l’abbé Barrière, est à la Bibliothèque Nationale dans les fonds Péri-gord.

En 1317 le pape créa l’évêché de Sarlat dont dépendait Issigeac. Les évêques de Sarlat sollicitèrent du pape la seigneurie d’Issigeac, qui leur fut accordée. Ce fut la disparition de l’abbaye.
Malgré ses importants remparts le bourg fut détruit, deux fois. Une première fois en 1300 par le Seigneur de Bergerac, Renaud de Pons. Une seconde fois en 1437 par les Soudards de Charles VII, commandés par Rodriguez de Villandrando. L’église et le village seront reconstruits, et si les bases des maisons de pierre sont du XIIIe siècle les parties supérieures sont du XVe.

Vous trouverez à l’Office de Tourisme de la documentation plus complète sur Issigeac et l’affiche du village.

Le Palais des Evêques de Sarlat

Aux bâtiments de l’abbaye ruinés par les guerres de religion, succède cette grande demeure (1660) d’un style très sobre malgré ses élégantes tourelles de brique. C’est l’oeuvre de François II de Salignac de la Mothe Fénelon. Ce château abrite au rez-de-chaussée l’Office de Tourisme.

La Maison des Dîmes

La dîme était un impôt dû à l’église (le dixième des récoltes). Importante demeure dont le premier niveau est médiéval, avec ouvertures en arc brisé ; la partie supérieure est contem-poraine du palais des évêques, avec une étonnante toiture à la française.

Maisons en pans de bois

Les toitures tantôt agenaises (tuiles canal) tantôt périgourdines (à la française) ou bien à la Mansard (brisis et terrasson) sont un des charmes d’Issigeac. La maison en pans de bois est un travail de charpentier sur un premier niveau de pierre. L’assemblage des bois verticaux (poteaux) et horizontaux (sablières) est comblé par un torchis, des bricous ou de la pier-raille. La stricte façade s’anime avec des croix de St André (en X).

Maisons en pierre

Elles sont, dans l’ensemble, presque toutes sur le tour de ville, appuyées au rempart. Elles devaient, au dernier étage, laisser le libre passage des guetteurs. Ce sont les maisons les plus an-ciennes avec au rez-de-chaussée des ouvertures en arcs brisés, à l’étage des croisées (meneau et traverses) ou demi-croisées, à chanfrein ou moulurées (XVe siècle). A l’époque médiévale on habitait au deuxième niveau : c’est l’étage noble. Au premier niveau : atelier, commerce ou simplement cellier ou écurie.

La Prévôté

Cette chartreuse du XVIIe siècle fut la demeure des prévôtés (curés d’Issigeac après la disparition de l’abbaye). Elle comprend deux ailes coiffées à la française tandis que la partie centrale est à la Mansard. Au-dessus du perron, une petite construction coiffée à l’impériale. La grande demeure de pierre, voisine, fut certainement la prévôté avant la construction du XVIIe siècle. Remarquez le pigeonnier jugé sur le rempart.

La Maison des Têtes

Importante maison de la fin du XVe siècle, elle comporte à son dernier niveau un pan de bois losangé, à croisettes, avec un décor de colonnettes sur les poteaux et sous l’appui des croisées des têtes grotesques. Voir aussi à l’angle du larmier une petite sculpture de pierre, un lion (?), nommé ‘Monsieur d’Issigeac’.

La Rue de l’Oustal/

Ensemble de maisons sur la seule rue rectiligne du bourg en colimaçon. Ce sont de petites maisons semblables, avec un rez-de-chaussée en pierre qui abritait l’atelier et un premier niveau.

La ‘Maison Champignon’

Une petite maison bien originale, posée ici comme un îlot qui reprend l’élégance et la finesse des maisons à pans de bois. Les larges encorbellements permettaient le passage des charrettes.

L’église St Félicien

Après le sac d’Issigeac en 1437, l’église fut reconstruite par l’évêque de Sarlat dont les armes figurent sous le porche et sur nombre des piliers. C’est un gothique finissant rare en Périgord, dénaturé par la restauration de 1871. Elle est classée ainsi que les grandes statues de bois polychromé du XVIIe siècle. Tous les vitraux datent de la restauration de 1871. Les trois lancettes du choeur sont consacrées à l’histoire du suaire de l’abbaye de Cadouin.  (Textes de Jean Manoeuvre)

Textes: Jean Manœuvre